Thérapies
Je suis certifiée en Developmental Somatic Psychotherapy™ (DSP), approche créée par Ruella Frank au sein du champ de la Gestalt contemporaine. La DSP s'appuie sur l'observation des mouvements fondamentaux qui apparaissent dès les premiers mois de la vie — se tourner vers, saisir, repousser, lâcher, s'appuyer — et qui constituent la base de notre manière d'entrer en relation. Ces gestes, appris bien avant les mots, continuent de se rejouer à l'âge adulte : dans la façon dont nous nous approchons de l'autre, dont nous posons une limite, dont nous nous laissons soutenir ou nous nous retirons. Je poursuis aujourd'hui ma formation dans cette approche en vue de l'enseigner.
Cette spécialisation prolonge une conviction au cœur de ma pratique : penser et ressentir ne sont pas deux activités séparées. Notre culture a longtemps opposé l'esprit et le corps, comme si comprendre relevait de la tête et éprouver du reste. L'expérience clinique montre l'inverse. Une émotion n'est jamais seulement une idée : c'est un souffle qui se raccourcit, une gorge qui se serre, un mouvement esquissé puis retenu. Et le corps n'est pas un simple messager de ce que la pensée aurait déjà formulé : il sait souvent avant, et autrement.
Travailler uniquement par la parole revient donc à se priver d'une part essentielle de l'information. Beaucoup de personnes savent parfaitement expliquer leurs difficultés sans que rien ne change pour autant — parce que la compréhension seule ne suffit pas à transformer une manière d'être en relation, installée depuis longtemps dans le corps.
C'est là que l'approche corporelle devient un véritable levier. En séance, j'accorde une attention fine à ce qui se manifeste dans le corps : un appui qui se dérobe, un geste amorcé, un rythme qui s'accélère. Ces signaux sont accueillis et explorés, parfois par de petites expérimentations de mouvement — toujours proposées, jamais imposées, et ajustées à ce que la personne peut accueillir. Le corps devient alors un lieu d'expérience directe, où le changement peut se vivre avant même d'être expliqué.
Cette manière de travailler s'accorde également avec les apports des recherches actuelles sur l'attachement, le trauma et le système nerveux, qui rappellent combien la sécurité vécue dans le corps conditionne la possibilité même du changement.